Le huit-reflets de Whitechapel 10




Elizabeth Stride avait des Cachous dans la main gauche…

Catherine Eddowes portait un bonnet, des vestons, deux chemises, des vestes d’homme, trois jupes, des corsages, des bottes, des foulards, des bas… mais elle n’avait plus d’utérus.

Catherine avait des pipes, des boîtes à thé, du sucre, des allumettes, des tissus, des haillons, six savons, une brosse à dents, un couteau, une cuillère, un porte-cigarettes, un morceau de cuir, des boutons, des coupons-rabais, des lunettes, des mitaines, une place pour dormir, un amant… mais elle n’avait plus de rein gauche.

Moins de trente minutes après avoir agressé Élizabeth, l’homme au huit-reflets de Whitechapel recommença son horrible carnage. Visiblement insatisfait de son travail, il redoubla d’ardeur afin d’assouvir ses pulsations démentielles. De la rue Berner, il se dirigea vers l’ouest. Il ne tarda point à débusquer sa prochaine victime.

Catherine Eddowes sortait de sa cellule ; il sortait de l’enfer…

Catherine avait quarante-cinq ans. Elle avait une petite taille, des yeux et des cheveux bruns. Elle était intelligente, éduquée et possédait une forte personnalité. Elle avait eu trois enfants. Depuis longtemps, elle habitait Whitechapel. Elle buvait un peu, mais surtout ne traînait pas souvent dans les rues. Catherine n’était pas une prostituée. Elle souffrait d’anémie et de la misère humaine.

Elle avait quitté le doss-house de la rue Flower and Dean vers 8 h afin d’aller voir sa fille. Elle avait besoin d’argent pour payer le loyer. Cependant, elle bifurqua en chemin et consomma un peu trop de gin… Elle fit tout un tabac près de la rue Aldgate. Catherine imita les camions de pompiers, chanta des ritournelles avec emphase. Tant et si bien que les policiers l’arrêtèrent et l’amenèrent dans une cellule pour quelque temps. Catherine fit tout un spectacle dans les rues…

Ce ne fut rien comparer à ce que Jack lui préparait comme réplique.

Vers une heure du matin, elle reçut son congé du poste de police et se mit en route vers le doss-house de Flowers Street. Visiblement sous l’effet de l’alcool, elle prit la mauvaise direction. Elle se retrouva près de Mitre-Square. L’homme au huit-reflets de Whitechapel aussi…

Vers 1 h 35, Catherine fut aperçue en compagnie d’un homme de taille moyenne, âgé de trente ans environ et portant des moustaches. Ils conversaient calmement.

À 1 h 45, Catherine fut retrouvée au milieu de Mitre-Square. Elle avait été égorgée, éventrée et mutilée. En moins de dix minutes, l’homme avait procédé à de multiples atrocités. À l’évidence, il avait pris le temps de terminer son travail. Catherine était méconnaissable…

La rage était écrite sur le corps de la pauvre femme. La violence de l’agression était sans équivoque. Le meurtrier prenait de l’expérience. Deux meurtres en une nuit. Deux femmes. Deux vies de moins dans Whitechapel.

Le meurtrier emporta une oreille, un utérus et un rein.

Près de Mitre-Square, il abandonna un tablier souillé de Catherine et laissa sa signature sur le mur, au passage. Il remonta vers le nord, c’est certain. Vers le nord de Whitechapel. Les rues de Flowers and Dean Street revenaient souvent dans les dépositions. Certains indices se dessinaient. Cependant, l’homme au huit-reflets de Whitechapel emportait encore la vie des filles de Whitechapel.

Sherlock Holmes attendait Jack l’Éventreur tout près des rues Flower et Dean Street avec une arme à la main droite.

À suivre

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1. Illustration : Sidney Paget
2. Adaptation libre de l’auteure d’après l’œuvre de Sir Arthur Conan Doyle.

Commentaires

  1. //Catherine avait quarante-cinq ans.// Il déteste la quarantaine mercenaire, notre assassin fou.

    //l’homme au huit-reflets de Whitechapel emportait encore la vie des filles de Whitechapel.
    //

    ce tueur est une inondation.

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